TRADITIONS ET SOCIETE KABYLE

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Mariage kabyle

Les Etapes du mariage

Le choix de la mariée

La demande en mariage

C'est en général la mère du garçon qui fait la première demande (parfois c'est la grand-mère ou même une tante). Si les enfants sont jeunes et que la demande est faite sous forme de plaisanterie il arrive que les parents ne refusent pas de manière catégorique. On considère, alors dans ce cas, l'accord comme tacite et il devient très difficile de rompre. Gren awal, yennefk wawal, dit-on alors (ils ont donné leur parole).

Le mariage proprement dit

La fatiha ou conclusion du mariage , fran awal, teghra lfatiha (la discussion terminée, la fatiha est prononcée). A partir de ce moment, la fille est déjà mariée, tejweg, et intégrée à la famille du mari, tekcem irawn-ennsen, tella deg-gwin bbw-ergaz-is (elle est rentrée sous leur tutelle, elle est rentrée sous la tutelle du mari).
Le mariage ne peut plus être dissous que par un divorce en bonne et due forme, mais ce cas est rare.
On appelle lemlak le temps qui s'écoule entre la fatiha et l'entrée de la mariée dans la maison du mari. Pendant cet intervalle, la jeune fille est dite talemlakt. Ce temps est, en général, court mais il peut se prolonger une ou plusieurs années.

Taamamt
Taamamt est un élément essentiel à la validité du mariage kabyle. La cérémonie au cours de laquelle s'effectue la délibération sur la taamamt est un élément fondamental du mariage. C'est la somme que le mari (ou sa famille) doit verser aux parents de la future épouse à l'occasion de la fatiha.

Crut
En plus de taamamt, le père de la fille stipule qu'une certaine quantité de provision en nature (semoule, huile, viande, etc.) lui sera envoyée, la veille du mariage, par le futur mari, qui servira le lendemain à nourrir les invités du marié quand on vient chercher l'épouse.

Ssdeq
C'est ce que donne habituellement le mari au moment du mariage (des présents, vêtements, bijoux etc).

Entrée de la mariée dans la maison du mari, aggway nt-teslit

Tamaghra
La fête a lieu à cette occasion, habituellement, le jeudi et le vendredi et ce termine toujours par un repas.
A Ighil tizi-boa (Bouzeguene), par exemple, une première soirée, urar est organisée, le jeudi, par la famille du mari, dans la place du village, inurar, qui peut accueillir tous les habitants du village ainsi que les invités et la famille proches venant d'autres villages. Cette soirée est animée par une troupe du folklore kabyle, tarvaat idebbalen, de la région (tarvaat Ifigha est la plus connue).
Au milieu de la soirée, on teint au henné l’henni les mains du jeune homme qui prend le nom d’Isli. Le henni est mis par la Qibla suivant un rituel bien mois compliqué que celui qu’on observe pour la jeune fille et qui sera vu plus loin. Dans de l’eau chaude, on mélange, avec le henné, trois datte, trois oeufs et sept grains de blé. Les doits seuls sont teints jusqu’à la deuxième phalange et sur la paume de la main de droite on trace cinq ou six points. Des bougies sont tenues allumées pendant toute la cérémonie.

Le matin du mariage, au foyer de la jeune fille, le jour même de son départ, ass t-teslit, le jour de la mariée, la pose du henné, tuqena-lhanni, se déroule, après le bain, devant une présence de nombreuse femmes et d’enfant. Pour préparer le henné, la Qibla le mélange d’abord avec du blé, en prononçant à voix basse des incantations. Elle y ajoute ensuite une poignée de fèves, du sel et du sucre. Elle verse le tout dans de l’eau de bain, remue avec la point du soc et dans la pâte incorpore les oeufs, les noix et les dattes. En général, avant de teindre la main de la mariée, on amène un jeune garçon non circoncis et un premier-né. La Qibla lui met du henné sur chaque tempe, après quoi, trempant trois doigts dans la pâte, elle marque trois points sur la nuque de la jeune fille avant de lui teindre les mains jusqu’aux poignets et les pieds jusqu’aux chevilles.

Après l'fatiha et le repas organisé par les parents de la jeune fille, les mariés sont portées dans leur nouvelle maison accompagnés d'un cortège de voiture, ikeffafen, dont le nombre varie d'un mariage à l'autre selon les moyens et la grandeur de la famille des mariés ainsi que le nombre d'invités.
La fête se termine alors par un repas au domicile du mari et une deuxième soirée est animée soit par la même troupe idebbalen, soit par un chanteur de la region.

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