TRADITIONS ET SOCIETE KABYLE

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photo métier a tisser, azetta.

Le tissage est toujours précédé de nombreuses opérations devant aboutir à la préparation des fils de chaîne et de trame qui seront employés. La matière première utilisée est la laine, tadut, qui provient de moutons du pays. la toison est partagée en deux : laine du dos et des flancs à fibres longues d’une part; laine du ventre et des cuisses, à fibres courtes, d’autre part.

Le dessuintage se fait un jour faste : Le lundi ou le jeudi. Ebouillantage à la lessive de potasse, savonnage et battage au moyen de tamaddazt sont répétés jusqu'à ce que le suint ait complètement disparu. La laine est lavée par paquets tibendiwin qui sont ensuite examinés un à un dans aqduh plein d’eau pour en retirer les brindilles qui y sont restées. Une fois sèche, on procède au battage de la laine azway t-tadut, à l’aide d’une baguette, au dessus d’un tamis aghebal sous lequel s’amasse la poussière.

La laine à fibre longue, avec laquelle on fera le fil de chaîne, est retirée, à l’aide de la, talemdalt, à travers les dents du peigne imced. La femme obtient ainsi une longue mèche acerrun qui sera fixé à la quenouille taruka qu’elle plante dans sa ceinture pour filer. L’extrémité de la mèche, étirée et roulée entre le pouce et l’index, vient s’enrouler sur le petit fuseau tizdit, haut de 25 cm environ, entraîné, grâce à son peson, dans un mouvement de rotation.

La laine à fibres courtes est cardée avec un carde à main, aqerdac, d’où l’on retire des plaques floconneuses qui, mises bout à bout, forment une longue mèche que la femme file, assise par terre, sans l’aide de taruka, en imprimant au grand fuseau izdi, haut de 50 cm, un mouvement de rotation par frottement contre sa cuisse. Elle obtient ainsi un fil peu résistant mais très souple qui servira de fil de trame.

La teinture de la laine se fait avant ou après le tissage par des teinturiers qui viennent sur le marché où on leur remet les pièces à teindre qu’ils rapportent la semaine suivante.

Le métier à tisser, azetta, est un cadre de bois les fils de chaînes sont tendu verticalement entre deux ensouples, ifeggagen. Un système de roseaux et une lisse ingénieuse, qui est l’âme même du métier, arruh, permettant l’entre croisement des fils de chaîne entre lesquels on glisse horizontalement le fil de trame. L’étoffe obtenue est tassée et enroulée, au fur et mesure de l’avancement du tissage, sur l’ensouple inférieure.
Lorsque le tissage est terminé, on le détache du métier et toute la famille se réunit pour imensi n-tukksa qui marque cet heureux événement.

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